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Revue de presse 2011 N°2

La revue de presse de Yoan.

 

Environnement


La sixième crise d'extinction massive des espèces a déjà commencé

02.03.2011


La sixième crise massive d'extinction est bien en marche, confirment des scientifiques américains dans la revue Nature, estimant qu'au rythme de destruction actuel, il ne faudrait pas plus de quelques siècles pour que les trois-quarts des espèces disparaissent. Depuis 540 millions d'années, les espèces n'ont en effet connu que cinq crises d'extinction massive, au cours desquelles plus de 75% des espèces ont été rayées de la surface de la Terre. Cette fois, la menace est directement liée aux activités humaines, et la liste est longue: destruction des écosystèmes, surexploitation des ressources, dissémination de microbes et virus, introductions accidentelles ou inconsidérées d'espèces dans un nouveau milieu, sans parler du réchauffement climatique. Au cours des 500 dernières années, au moins 80 des 5.570 espèces de mammifères recensées ont disparu contre moins de deux extinctions par million d'années précédemment. "Le rythme d'extinction actuel ressemble étrangement à celui des crises massives d'extinction du passé, même avec une définition assez restrictive", résume Anthony Barnosky, auteur principale de l'étude. Si toutes ces espèces (classées comme "en danger critique d'extinction", "en danger" ou "vulnérables") s'éteignaient d'ici la fin du 21è siècle et que les extinctions se poursuivent au même rythme, plus des trois-quarts des espèces de mammifères auraient disparu d'ici 334 ans, et moins de 250 pour les amphibiens, indique l'étude. Selon les paléontologues californiens, une rapide prise de conscience est donc nécessaire pour enrayer cette sixième crise d'extinction, qui se déroulerait sur une période dépassant l'imagination.. Tout n'est cependant pas perdu. "Jusqu'à présent, seuls 1% à 2% de toutes les espèces se sont éteintes dans les groupes que nous connaissons. Il semble que nous ne sommes pas encore très avancés dans la voie de l'extinction. Nous pouvons encore en sauver beaucoup
DOSSIER : Gaz de Schiste

Le « WikiLeaks » des gaz de schiste sur la radioactivité
02.03.2011


La gigantesque enquête sur les gaz de schiste publiée par le New York Times est une nouvelle bombe lancée sur cette technique d'extraction. Non seulement les preuves d'effets sur la santé se multiplient, mais l'enquête révèle que l'eau rejetée par les puits est radioactive. Le quotidien américain a consacré de gros moyens au déchiffrage des quelque 30 000 pages de documents confidentiels provenant de l'agence américaine de protection de l'environnement, l'EPA, et de différentes sources internes à l'industrie, qu'il s'est procurés. Une méthode « à la manière de WikiLeaks » . Pour bien comprendre comment l'extraction peut se répercuter sur la santé, il faut avoir en tête la méthode non conventionnelle qui permet d'aller chercher dans des poches géologiques très profondes le gaz naturel. Les derricks temporairement installés en surface creusent un puits à plusieurs milliers de mètres sous terre, un puits vertical puis horizontal (en forme de L) à l'endroit où le gaz est présent.  Parfois, le forage traverse des nappes phréatiques. Du ciment sert à étanchéifier le puits, mais il se peut qu'il soit poreux et que les produits chimiques injectés pour faire exploser la roche contaminent les nappes d'eau souterraines. La technique de la fracturation hydraulique provoque une explosion de la roche perméable grâce à l'injection à très haute pression de millions de litres d'eau chargée en produits chimiques, une méthode qui s'assimile à la création d'un mini-tremblement de terre.  Cette eau contenant 500 à 2 000 produits, dont une partie sont des cancérigènes connus, tels le benzène est injectée en profondeur pour maintenir le puits ouvert et permettre l'extraction. Puis une bonne partie des eaux usées remonte à la surface, l'autre restant sous terre au risque de contaminer les nappes.  L'eau remontée contient parfois des substances radioactives à des taux qui dépassent plus de mille fois les seuils autorisés pour l'eau potable. Elle n'est certes pas bue, mais décante dans des bassins de rétention, susceptibles de fuir, par exemple lors de grosses averses. Le New York Times ne dit pas qu'il faut cesser immédiatement d'extraire cette énergie qui crée des emplois et promet au pays une plus grande indépendance énergétique, mais dénonce la complaisance des autorités avec l'industrie. Comme l'avait montré le documentaire « Gasland », la fracturation hydraulique a rendu l'eau imbuvable dans nombre d'endroits des Etats-Unis. Parfois même, l'eau est tellement chargée de gaz quand elle sort du robinet, qu'elle brûle au contact d'une allumette.  Le quotidien insiste sur le fait que les 493 000 puits en exploitation aux Etats-Unis génèrent des quantités faramineuses d'eaux usées (jusqu'à 4 millions de litres par puits). Ces eaux très chargées en sels corrosifs et en produits cancérigènes et parfois radioactifs (certains naturellement présents dans le sol et remontés avec l'eau comme le radium) décantent dans des stations d'épuration avant de rejoindre les rivières puis les robinets des gens.  L'industrie avoue dans des documents internes ne pas savoir totalement éliminer la radioactivité de ces eaux usées. Problème : les stations de potabilisation situées en aval des bassins de décantation ne testent pas toujours la radioactivité. Par exemple en Pennsylvanie, aucun prélèvement n'a été fait depuis 2006. L'agence fédérale de protection de l'environnement (EPA) se dit préoccupée par les gaz de schiste, d'autant qu'un certain nombre d'installations « sont probablement hors la loi » en ce qui concerne les normes de pollution.  Si aucun cancer lié au gaz de schiste n'est encore avéré, des constats inquiétants sont relevés. Ainsi, au Texas (93 000 puits de gaz de schiste), un hôpital a recensé 25% d'enfants asthmatiques dans la population des six contés voisins, contre une moyenne de 7% dans l'état. Les Etats-Unis commenceraient-ils à douter de la fiabilité de cette technique d'extraction qui fait si peur à la France ?

Les industriels défendent le gaz de schiste
15.04.2011


Si l’Etat semble bien décidé à enterrer les projets d’exploitation de gaz et huile de schiste, il n’en va pas de même pour les industriels. Après Total et le secteur pétrolier, c’est désormais au tour du PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet, de s’exprimer sur le sujet. Le gouvernement vient en effet de faire volte-face sur le sujet. Face à une mobilisation grandissante contre l’exploitation de ces gisements aux effets potentiellement néfastes pour l’environnement, le premier ministre a demandé mercredi l’annulation des permis de recherche. En mars 2010, Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Ecologie, avait autorisé la recherche de ces gaz «non conventionnels» dans le sous-sol français. Il n’est pas certain toutefois que les industriels en restent là. Ils surfent sur la hausse des prix des carburants pour justifier une poursuite de la recherche dans ce domaine. Le PDG de GDF Suez argue ainsi dans Les Echos que «la France gèle les prix du gaz d’un côté et de l’autre refuse de produire des gaz de schiste. Même son de cloche chez Total. Le PDG du groupe pétrolier, Christophe de Margerie a estimé que les prix de l’essence vont continuer à flamber pour atteindre 2 euros le llitre de super et que cette évolution rend nécessaire la recherche d’autres sources d’énergie. Comment peut-on prendre une décision définitive sans même savoir si ce gaz est présent dans le sol français et s’il est exploitable? Le  groupe pétrolier se dit «certain de pouvoir proposer une exploitation «propre» des gaz de schiste».  Une technologie plus propre, et moins controversée, pourrait amener le premier ministre, actuellement opposé à l’exploitation des gaz de schiste, à réviser sa position: «Il n’est pas question de fermer la porte à des progrès technologiques qui permettraient demain d’accéder à de nouvelles ressources énergétiques», a en effet souligné François Fillon. Sauf que cela pourrait prendre du temps. Total reconnaît que, pour l’heure, il n’y a pas d’alternative à la technique de fracturation hydraulique mise en place par le texan Haliburton. Un procédé efficace mais aux effets notoirement nocifs pour l’environnement. Cette méthode vise à créer de petits tremblements de terre à plus de 2000 mètres de profondeur avant d’injecter de grandes quantités d’eau et de produits chimiques pour extraire les combustibles. Le film choc Gasland, nommé aux Oscars 2011 - qui a eu un effet notable sur les mouvements de contestation - démontre concrètement quelles peuvent être les conséquences sur l’eau potable, la qualité de l’air et la santé publique de cette méthode d’extraction. Les industriels se tournent vers l’étranger. Total vient d’ailleurs de finaliser un accord avec CNPC-PetroChina pour exploiter un gisement de gaz non conventionnel en Mongolie intérieure et le groupe possède deux permis d’exploration pour du gaz de schiste au Danemark et six autres en Argentine.


Pourquoi dire NON au GAZ DE SCHISTE ?

Tout d’abord, qu’est-ce que le gaz de schiste ?
Il s’agit d’un gaz non conventionnel, contenu dans des roches sédimentaires argileuses situé entre 1 et 3 km de profondeur. Ce gaz est obtenu non par forages dans des poches réservoir étanches mais par des forages multiples dans des roches sédimentaires et argileuses compactes. Des forages verticaux sont réalisés à quelques centaines de mètres de distance, des charges explosives créent des brèches qui sont ensuite fracturées par la forte pression d’un mélange composé d’eau, de sable et de composants chimiques. Sous cette pression, le gaz de schiste remonte et est capturé en surface.
Gaz de schiste : dangers et pollutions :
- Eau : les quantités d’eau utilisées sont énormes (10 000 m3 à 20 0000 m3 par injection – plus de 10 injections par forage). L’eau hyper polluée est ensuite récupérée mais une partie, souillée par les nombreux additifs chimiques ajoutés, se disséminera naturellement dans la nappe phréatique avec les conséquences nocives évidentes pour l’ensemble de la chaine alimentaire et notre santé.
- Paysages : Nous vous laissons imaginer l’impact désastreux de l’exploitation du gaz de schiste sur nos paysages infrastructures immenses, aller et retour de dizaines de camions, construction de pistes, agrandissement de routes, …
- Santé :  Dans cette technique de forage, plus de 250 produits chimiques sont utilisés. Ceux ci sont souvent toxiques, voire cancérigènes. Des relevés aux Etats Unis montrent l’existence d’acide nitriloacétique, du naphtalène, du formaldéhyde mais en plus des traces de métaux lourds comme le benzène et des dérivés du pétrole …




Santé



Effets collatéraux de la grippe H1N1
09.03.2011

La députée européenne Michele Rivasi a demandé lors d'un entretien avec John Dalli, le commissaire européen à la santé et aux consommateurs, la suspension des injections du vaccin Pandemrix chez les enfants de l'ensemble des pays de l'Union Européenne. Le vaccin anti-H1N1 Pandemrix, produit par GSK, est suspecté d'avoir un lien dans l'apparition de cas de narcolepsie (une maladie neurologique rare mais grave qui entraîne relâchements musculaires et somnolence) chez des enfants de 4 à 19 ans, dans les huit mois qui ont suivi l'injection. La Finlande comptait fin janvier 2011, près de 60 cas de narcolepsie chez les enfants et adolescents de moins de 19 ans. 90 % d'entre eux ont reçu des injections de Pandemrix. Le risque d'avoir la narcolepsie au sein des enfants vaccinés est 9 fois plus élevé qu'au sein des enfants n'ayant pas été vaccinés. Les autorités sanitaires finlandaises ont décidé de suspendre les injections de Pandemrix car sa responsabilité est probable. Ce n'est hélas pas l'opinion de l'Agence Européenne des Médicaments qui, contrairement à la Finlande, ne donnera aucun avis sur le Pandemrix tant que les vérifications engagées ne seront pas terminées. « Une nouvelle fois, l'EMA préfère ne pas agir ou ne rien dire qui puisse nuire à un médicament, plutôt que d'agir en préventif. "Pourquoi, dès qu'il s'agit de médicaments ou de vaccins, le principe de précaution doit-il systématiquement profiter aux entreprises et non aux patients ?» constate Michele Rivasi. Si l'on veut une Europe de la santé crédible, dans laquelle les gens pourront avoir confiance, il est indispensable que la Commission prenne des décisions préventives, claires et sans ambigüité en faveur de la santé des population" analyse l'eurodéputée française.

Déni de risque, reniement de la loi, le Grenelle des Ondes est dévoyé ; Robin des Toits se retire
28 Mars 2011


Depuis Mai 2009, Robin des Toits a été invité à participer au processus dit « Grenelle des Ondes » visant à faire dialoguer l’Etat, les opérateurs et les associations. Robin des Toits s’est investi dans ce processus, participant aux réunions et différents groupes de travail, examinant les documents fournis, formulant des propositions techniques, concrètes et réalisables. Malheureusement, mis à part la mise en place d’une expérimentation de l’abaissement des seuils d’exposition – COMOP (encore cette expérience est-elle fortement malmenée par les opérateurs qui sont réticents à l’engager), aucun des chantiers n’a concrètement débouché. La lettre d’alerte sur le blocage du processus en date du 1er Décembre 2010, commune à plusieurs associations, comme les propositions concrètes de Robin des Toits, n’ont pas reçu de réponse. Il est apparu que l’organisation d’un « dialogue » servait uniquement aux pouvoirs publics de prétexte à ne pas intervenir alors que le rapprochement des points de vue entre les opérateurs et les associations a nécessairement ses limites : les associations ne peuvent pas souscrire à des évolutions qui mettent en danger la Santé Publique sans information des citoyens. La concertation, et notamment la dernière réunion du 23 Mars, n’a été que la formalisation d’un discours d’impuissance et d’inaction.  Et en prime, le reniement inacceptable de la Loi n° 2010-788 du 12/07/2010 qui ne serait, soi-disant, même plus applicable au regard des obligations communautaires. C’est un prétexte pour renier les engagements du Grenelle, et comment croire que le Conseil d’Etat ne s’en soit pas rendu compte ? Il est inconcevable pour Robin des Toits que le Gouvernement revienne sur une Loi protégeant la Santé Publique qu’il a lui même fait voter Robin des Toits ne veut pas cautionner un processus de reniement qui sert de prétexte à l’inaction. A l’exception du COMOP (expérimentation de l’abaissement du seuil), Robin des Toits se retire, à regret mais avec détermination, du dispositif du Grenelle des Ondes, et reprend sa stratégie sur le terrain comme sur le plan judiciaire.

Un affichage environnemental testé sur 1000 produits dès le 1er juillet prochain
12.04.2011


Lors du Grenelle de l’Environnement, l’affichage environnemental obligatoire des produits destinés à la consommation fut l’un des objectifs fixés. Toutefois, les parlementaires imposèrent une phase expérimentale préalable. Selon une récente communication du ministère de l’Ecologie, celle-ci débutera le 1er juillet prochain sur 1000 produits pour une durée d’un an. Cet affichage environnemental vise à informer le consommateur sur l’impact écologique de ses achats et, ainsi, lui permettre de cibler les produits les plus respectueux pour l’environnement. Dite multicritère, cette démarche ne se concentrera plus seulement sur la consommation énergétique et les émissions de CO² mais intégrera d’autres aspects tels que l’impact sur la biodiversité, les ressources naturelles dont l’eau et les matières premières non renouvelables. Au cours des prochains mois, les entreprises participant au projet vont finaliser les analyses environnementales des produits qu’elles ont sélectionnés. Ces informations seront disponibles pour les consommateurs dès le 1er juillet. Cependant, le ministère de l’Ecologie a expliqué que « s’agissant d’une expérimentation, toutes les informations ne seront pas cadrées dès juillet 2011 ». En conclusion à une expérimentation d’une durée minimum d’un an, le Gouvernement remettra un rapport d’évaluation au Parlement. Sur cette base, sera débattue la question de la généralisation de l’affichage des caractéristiques environnementales des produits.  Saluant cette annonce, France Nature Environnement (FNE) insiste sur la nécessité de produire « une note unique, multicritère, facilement visible sur le produit ou sur son emballage ». Elle appelle également à la mise en valeur franche des produits les plus vertueux, et notamment les produits locaux et de saison, bio, éco-labellisés, sans huile de palme, sans pesticides, sans OGM. Autre point d’exigence, l’expérimentation à venir doit permettre d’étudier et de valider le contrôle des données affichées. L’enjeu principal de ce dispositif réside, en effet, dans la confiance portée par le consommateur au futur affichage.





BIOETHIQUE


Le Sénat inflige un revers à l'exécutif en autorisant la recherche sur l'embryon
08.04.2011

Le Sénat a autorisé la recherche encadrée sur les embryons et les cellules souches embryonnaires dans le cadre du projet de loi bioéthique qu'il a adopté vendredi, infligeant un revers au gouvernement et marquant sa différence avec les députés. Le texte a été approuvé par l'ensemble de la gauche sénatoriale alors que la majorité s'est divisée. Les sénateurs ont décidé de passer du régime actuel d'interdiction de la recherche sur les embryons et cellules souches embryonnaires avec dérogation à une autorisation encadrée. La recherche ne pourra notamment être menée que si celle opérée sur les autres types de cellules souches n'offre pas le même potentiel en termes de soins. Surprise aussi, les sénateurs ont élargi l'assistance médicale à la procréation (AMP) en l'ouvrant à "tous les couples" donc de facto aux couples de femmes. Cet amendement PS/Verts a été voté de justesse et contre l'avis du ministre de la Santé, Xavier Bertrand, qui a estimé que l'AMP devait rester "médicale" et ne pas devenir "sociétale". Le texte va repartir pour une deuxième lecture à l'Assemblée nationale. La Haute-Assemblée n'a en revanche pas suivi son rapporteur qui avait réussi en commission à faire lever l'anonymat pour les donneurs de gamètes. Elle a décidé de maintenir cet anonymat. Le Sénat a inscrit noir sur blanc dans la loi la nouvelle technique de congélation rapide des ovocytes - la vitrification -, et donné contre l'avis du gouvernement une reconnaissance civile aux enfants nés sans vie. Comme ils l'avaient décidé en commission, ils ont rejeté le transfert d'embryon post-mortem. Ils ont supprimé le rôle accru donné au médecin pour décider d'un diagnostic prénatal (DPN). Ils ont débattu de la gestation pour autrui (GPA) repoussant sans surprise des amendements visant à légaliser la pratique des mères porteuses. Enfin le Sénat a introduit sous forme d'article une proposition de loi sur la recherche sur la personne humaine qui a déjà fait l'objet de deux lectures au parlement, mais dont la suite du parcours parlementaire est bloqué du fait de fortes divergences entre les deux assemblées.