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Revue de presse 2011 N°1

La revue de presse de Yoan.

 

SANTE



Au tour de Carrefour de boycotter les tickets de caisse au Bisphénol A
29.01.2011
Le groupe Carrefour a décidé d’emboîter le pas à l’enseigne U, s’engageant à retirer tous les rouleaux de caisse thermique par des rouleaux sans bisphénol A (BPA) courant février. A l’origine de cette prise de position, une étude menée en octobre 2010 par des chercheurs de l’INRA de Toulouse a démontré que la plupart des papiers thermiques, tels que les tickets de caisses enregistreuses et les reçus de cartes de crédit, contenait du BPA en quantité notable.

EELV demande une enquête sur l'Agence européenne des médicaments
16.02.2011
Les députées européennes Eva Joly et Michèle Rivasi (Europe Ecologie-Les Verts) ont demandé une enquête administrative sur l'Agence européenne des médicaments (EMA) qu'elles soupçonnent de "complaisance" à l'égard du laboratoire Servier. Les députées soulignent qu'en 1999 l'Ema a interdit toute une série de coupe-faim, "mais pas le Mediator", et qu'on a ainsi perdu "dix années" au détriment de la santé publique. "Ce sont les trois D : les industriels décident, désinforment et diffèrent", a estimé Michèle Rivasi. "Les représentants de l'Afssaps (agence sanitaire française du médicament) au sein de l'Ema ont-ils usé de leur influence pour éviter de nuire au laboratoire Servier ? Faut-il parler de complaisance ? De collusion ? De corruption ? De prise illégale d'intérêts ?", ont lancé, dans un communiqué commun, les deux députées européennes. Elles ont demandé à l'Office européen de lutte anti-fraude (Olaf), un service d'enquêtes indépendant de la Commission européenne, d'enquêter sur les éventuels conflits d'intérêts nationaux qui seraient intervenus dans l'affaire. L'Olaf se donne un mois pour accepter ou non cette demande, et son enquête durerait un maximum de neuf mois.

Aluminium dans des vaccins: une association veut des études plus poussées
22.02.2011
L'Association d'entraide aux Malades de myofasciite à macrophages (AE3M), une maladie inflammatoire, a demandé mardi aux autorités sanitaires de revenir sur une décision prise en 2004 par l'Agence sanitaire du médicament, sous l'effet, dit-elle, de conflits d'intérêts. La myofasciite à macrophages est une inflammation grave des muscles se traduisant par des douleurs musculaires et articulaires et une forte fatigue. Elle est fortement soupçonnée de se produire sous l'effet de l'aluminium contenu dans nombre de vaccins. En 2004 le Conseil scientifique de l'Afssaps avait cependant choisi de ne pas recommander de nouvelles études. Or, selon l'AE3M, plus de la moitié des participants à la réunion du Conseil étaient "en situation de conflits d'intérêts patents". Pour réclamer une nouvelle étude, l'AE3M s'appuie sur des déclarations du ministre de la Santé Xavier Bertrand, qui, à la suite de l'affaire du Mediator, a martelé que toute décision prise par une commission concernée par un conflit d'intérêt serait "nulle et non avenue". L'association relève que, depuis 2004, de nouvelles recherches explicitent la pénétration des particules aluminiques "dans des organes distants comme le cerveau où elles s’accumulent progressivement, pour ne plus en ressortir". L'association demande que soit annulé l'avis de l'Afssaps de 2004 et que l'on "reprenne ce dossier".


Lampes à basse consommation : appel à la prudence
22.02.2011
La Commission de Sécurité des Consommateurs (CSC) conseille de prendre des précautions lors du choix ou de l'utilisation de lampes à basse consommation, alors que "leur éventuelle nocivité fait débat", indique-t-elle dans un communiqué. Elles consomment "quatre à cinq fois moins d’énergie pour des performances équivalentes en termes d’éclairage" et d’après les fabricants, leur "durée de vie oscille entre 6.000 et 10.000 heures contre 1.000 heures pour une ampoule classique". Mais "leur éventuelle nocivité fait débat" en termes de teneur en mercure et de niveau d'émission d'ondes électromagnétiques, ajoute la CSC. "En l'état actuel des connaissances", la Commission conseille aux consommateurs de "privilégier l'achat de lampes affichant les quantités de mercure les plus faibles possibles". "En cas de bris" d'une de ces lampes, elle recommande de ventiler longuement la pièce et de la quitter, puis de ramasser les débris soigneusement avec des gants et du papier absorbant et de les placer dans des sacs en plastique, mais de ne pas utiliser l'aspirateur, "qui contribue à mettre en suspension dans l'air des particules de mercure". Elle conseille également de se tenir à une distance minimale de 30 centimètres d'une lampe de ce type en cas d'exposition prolongée.


Téléphones portables: une nouvelle étude pourrait relancer le débat sur les risques
22.02.2011
Une étude révélant un impact des téléphones portables sur le métabolisme d'une région du cerveau pourrait relancer la polémique sur les risques que fait peser sur la santé l'usage fréquent de ces appareils. L'explosion de l'usage des portables dans le monde suscite des inquiétudes quant aux dangers potentiels que présenteraient les ondes électromagnétiques à fréquences radioélectriques émises par ces téléphones. Le potentiel cancérigène de ces ondes constitue la plus grande crainte, relèvent les auteurs de la communication publiée mardi. Cependant, les études épidémiologiques montrant un lien entre utilisation de ces téléphones et fréquence des tumeurs du cerveau n'ont pas été jusqu'à présent concluantes. La recherche montre qu'une utilisation de 50 minutes d'un portable accroît le métabolisme du glucose dans une région du cerveau située au niveau de l'oreille et donc près de l'antenne du téléphone. Mais les conséquences de cet effet physiologique sur la santé restent encore inconnues

L'Inserm et l'Ined vont suivre 20.000 enfants nés en 2011 jusqu'à l'âge adulte
24.02.2011
Vingt-mille enfants nés en 2011 vont être suivis de leur naissance à l'âge adulte pour comprendre comment environnement, famille et conditions de vie influencent leur développement et leur santé, ce qui constitue une première en France, selon l'Ined qui copilote l'étude avec l'Inserm. Pour chaque enfant, dès les premiers jours qui suivent l'accouchement, la mère sera questionnée (alimentation, déroulement de la grossesse...), le nouveau-né sera examiné. Deux mois plus tard, les parents seront interrogés ainsi qu'aux premier et deuxième anniversaires de l'enfant, tandis qu'après trois ans, les observations s'espaceront. Les chercheurs relèveront "les événements clés survenus pendant l’enfance, les mouvements d’entrées et de sorties dans une situation ou les changements d’état (par exemple, entrée et sortie dans la pauvreté, passage de l’enfance à l’adolescence, événements familiaux, etc.)". Ils mesureront aussi les "expositions cumulées à des conditions environnementales spécifiques et (...) leurs conséquences en termes d’inégalités sociales et de santé", par exemple en étudiant le rôle des "polluants de l’environnement aujourd’hui en question (retardateurs de flamme, phtalates, bisphénol A, pesticides, métaux lourds ...)". Ils récupèreront aussi des données sur le cursus scolaire de l'enfant. Il s'agira aussi de connaître les comportements alimentaires, les inégalités sociales de santé, ou encore l'exposition aux médias et aux nouvelles technologies. Elfe permettra aussi de mettre à jour les "courbes de croissance physique" du carnet de santé.

 

ENVIRONNEMENT


L'homme reste le principal responsable de la disparition des plantes sauvages
Une plante sur cinq dans le monde est menacée de disparition, et l'homme est responsable à travers ses activités de 80 % de l'extinction en cours. C'est ce qui ressort de la première évaluation scientifique conduite sur un échantillon des 380 000 plantes connues sur la planète. L'homme est clairement le principal responsable de la disparition des plantes sauvages : l'agriculture, l'élevage, la déforestation, l'urbanisation contribuent pour 81 % de l'extinction, contre moins de 20 % pour les causes naturelles (incendies...). La famille des conifères est la plus menacée, et la forêt tropicale humide le milieu le plus dégradé. 33 % des espèces ne sont pas assez connues pour établir un état de conservation. On estime qu'au total 20 à 30 % des plantes sur Terre n'ont pas encore été répertoriées, et les chercheurs craignent que certaines ne disparaissent avant même d'avoir été découvertes.

Salon de l'agriculture: Sarkozy traite les écologistes d'extrémistes islamistes
20 02 2011
En inaugurant le salon de l’agriculture, Nicolas Sarkozy n’a pas flatté le cul des vaches mais passé la main dans le dos des paysans industriels en traitant les écologistes d’extrémistes islamistes pour avoir publié quelques affiches acerbes. En prime de lecture: les six affiches de France nature environnement. Au premier jour de ce salon présentée par son président, Jean-Luc Poulain, agriculteur de l’Oise, collectionneur de présidences et de postes officiels dans les organismes prônant l’agriculture intensive, le Président de la République a violemment condamné la (petite) campagne publicitaire lancée par France-Nature-Environnement pour rappeler les dangers de l’agriculture chimique défendue par la FNSEA et le ministère de l’Agriculture. Au premier jour de ce salon présentée par son président, Jean-Luc Poulain, agriculteur de l’Oise, collectionneur de présidences et de postes officiels dans les organismes prônant l’agriculture intensive, le Président de la République a violemment condamné la (petite) campagne publicitaire lancée par France-Nature-Environnement pour rappeler les dangers de l’agriculture chimique défendue par la FNSEA et le ministère de l’Agriculture

L'indigène équatorienne qui a fait chuter le géant pétrolier Chevron
23.02.2011
Maria Aguinda, indigène modeste et menue de 61 ans vivant dans une maison en bois au coeur de l'Amazonie, est à l'origine de la plus lourde condamnation de l'histoire pour pollution, prononcée le 14 février contre le pétrolier américain Chevron en Equateur. La justice du pays sud-américain a condamné Chevron à payer 9,5 milliards de dollars (7 milliards d'euros) pour les dégâts provoqués de 1964 à 1990 en Amazonie équatorienne par la compagnie Texaco, qu'elle a rachetée en 2001. Il y a bientôt cinquante ans, les habitants du hameau isolé de Rumipamba, dans la province d'Orellana (nord-est), étaient pourtant loin d'être hostiles à l'arrivée de Texaco, se souvient Maria Aguinda. "Quand la compagnie est venue, nous n'imaginions pas qu'elle allait causer des dégâts, c'était une nouveauté. Ensuite, elle a commencé à poser un puits et à brûler les piscines (lieux de stockage du brut, ndlr). La vie a changé : c'en était fini de la chasse, la pêche et la nourriture", raconte-t-elle. En 1993, elle a donc porté plainte avec des voisins et des habitants d'un village proche, Sucumbios. Symbole de son rôle pionnier dans cette affaire, la plainte a été enregistrée au nom de "Maria Aguinda et autres". Les plaignants accusent Texaco d'avoir déversé des produits toxiques et du brut --des dizaines de millions de litres selon l'ONG Amazon Watch-- lors de ses opérations, polluant sols et cours d'eau, mais aussi d'avoir provoqué des cancers mortels. Maria Aguinda assure ainsi que son mari et deux de ses dix fils sont morts à cause de la pollution. Le coordinateur de l'association des victimes, Luis Yanza, a d'ailleurs déclaré qu'il ferait appel du verdict, car il juge le montant de l'amende "insuffisant", notamment au regard d'une expertise judiciaire évaluant les dommages à 27 milliards de dollars. Chevron envisage aussi de faire appel, car il dénonce la "falsification d'expertises scientifiques" et "des pressions sur les magistrats".


ENR : l’axe Paris-Nairobi pour financer les investissements en Afrique
25 02 2011,
En marge de la réunion internationale de préparation de la conférence de Cancun, la France et le Kenya ont annoncé l’organisation en avril à Paris d’une réunion internationale des ministres de l’énergie pour financer les investissements dans les énergies renouvelables en Afrique.  A l’initiative du Kenya et de la France, une réunion de ministres de l’énergie du monde entier se déroulera à Paris le 21 avril prochain pour envisager les possibilités de financement et de développement des énergies renouvelables sur le continent africain. Cette initiative a été annoncée mercredi 23 février dans la capitale kenyane où se déroulait une phase des négociations internationales préparant la conférence de Cancun au Mexique sur le réchauffement climatique qui doit se dérouler au mois de décembre. Baptisée « Initiative Paris-Nairobi » la prochaine rencontre a été annoncée conjointement par la ministre française de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet et par le premier ministre kényan Raila Odinga qui a précisé avoir « invité les ministres de l’Energie du G20, d’Europe, de tous les pays africains et de tous les pays qui sont vulnérables au changement climatique".

Biotechnologies et Bioressources : 33,7 M€ Pour 5 Projets de R&D
25 02 2011
Deux projets pour le développement d’une agriculture durable, deux projets pour la substitution de matières premières fossiles par des matières premières renouvelables, et un dernier consacré à la valorisation des ressources marines : les 5 premiers lauréats de l’appel à projets « biotechnologies et bioressources » étaient dévoilés, hier, à l’occasion du Salon de l’Agriculture. Ces projets visent à soutenir l’émergence d’une «  bio-économie basée sur la connaissance du vivant et sur de nouvelles valorisations des ressources biologiques renouvelables ».

Tous accrocs au pétrole
Le prix des carburants flambe comme jamais. C’est la conséquence du redécollage des cours du pétrole sur une planète en surchauffe. Et ce n’est probablement qu’un sympathique apéritif. De fait, le prix du baril de pétrole reste loin de ses niveaux de l’été 2008. Et une frange de l’économie mondiale sort à peine de trois années de léthargie. De toute évidence, nous devons nous attendre à un nouveau choc pétrolier à brève échéance. le pétrole s’est immiscé partout dans nos vies. Il se niche dans nos tissus, notre alimentation, nos transports bien sûr, et même dans nos loisirs. Malheureusement, la France n’est pas mieux armée pour affronter un choc pétrolier et social que certains pays du Sud ne le sont pour contrer un choc pétrolier et alimentaire. Tout simplement parce qu’ici, la question de l’énergie est traitée en catimini. Tout d’abord, à l’automne 2009, la taxe carbone a été torpillée, et avec elle, les remarquables travaux de la commission Rocard qui avait accouché d’un système simple et clair. L’idée était de contenir les émissions de gaz à effet de serre et d’anticiper la hausse du prix de l’énergie en incitant les consommateurs, les entreprises et les collectivités à se « désintoxiquer » dès aujourd’hui des énergies fossiles. Il est cocasse de constater que l’augmentation des prix des carburants observée depuis l’automne 2009 est très supérieure à ce qu’aurait coûté cette taxe. En 2010 ensuite, l’octroi de permis d’exploration de gaz non conventionnels – ou gaz de schiste – s’est fait dans des conditions opaques, sans même consulter les populations concernées. Et ce, alors que les risques pour les habitants et les écosystèmes font frémir. On pourrait aussi parler du moratoire sur le photovoltaïque ou des choix en matière de nucléaire. Ces exemples disent à quel point les élites de la République refusent d’associer les citoyens au débat énergétique. Il saute pourtant aux yeux que cette question va redessiner nos vies dans les années à venir. Des tensions sociales fortes s’annoncent, auxquelles nous ne sommes pas préparés. Si l’on y réfléchit un instant, associer réellement la population au choix de son devenir énergétique serait pourtant le meilleur moyen d’affronter ensemble ces défis. La France a besoin de – vrais – états généraux de l’énergie.


Gaz De Schiste : La Peur De La Fuite... En Avant
14 02 2011
Depuis quelques semaines la divulgation des prochaines campagnes de prospection de gaz de schiste dans les sous-sols du Sud de la France suscite une inquiétude qui va grandissante. Ni informés ni consultés sur un projet industriel qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l’environnement et l’économie locaux, associations et élus s’organisent.
Les habitants de Villeneuve-de-Berg, chef lieu de canton comptant 3 000 âmes en Ardèche, ont eu récemment la surprise d’apprendre que leur commune avait fait l’objet en mars 2010 d’un permis de forage autorisant la recherche dans le sous-sol de gaz de schiste. les sites américains et canadiens montrant les effets de l’exploitation de gaz de schiste qui font le buzz. On peut notamment y voir des extraits du film Gasland, du documentariste Josh Fox, des images choc, comme l’embrasement de l’eau sortant d’un robinet dans une maison située à proximité d’un forage. Dans les 31 Etats concernés à en croire Internet, on ne compte plus les « accidents » : pollution des nappes, présence anormale de gaz toxiques dans l’atmosphère, déversements de produits chimiques, hausse à certains endroits de l’activité sismique…Les gaz de schiste ne se trouvent pas dans des poches d’où il suffirait de les extraire en employant les techniques utilisées habituellement, mais sont disséminés de manière diffuse dans la roche profondément enfouie en dessous des nappes phréatiques. Pour aller les chercher, il faut forer verticalement, puis horizontalement pour multiplier les forages, puis fracturer la roche avec une eau sous haute pression contenant du sable et un cocktail de substances chimiques. L’opération de fracturation de la roche produit un mini séisme, tandis que les substances mélangées à l’eau facilitent la fuite du gaz et empêchent les fractures de se refermer.  Selon les associations écologistes les risques sont pour une part liés à la nature des produits mélangés à l’eau, des produits antibactériens, biocides ou anticorrosifs dont certains seraient cancérigènes. Ils sont aussi liés à la présence entre la surface et les couches géologiques fracturées de la nappe phréatique avec des dangers de contamination par capillarité ou par défaut d’étanchéité des puits de forage. De plus, l’exploitation de chaque puits nécessite l’utilisation de 10 à 15 millions de litres d’eau sachant qu’une partie seulement peut-être récupérée et recyclée


Expéditions : Retour Aux Grandes Explorations Du Vivant
04 12 2009
Place au retour des grandes expéditions naturalistes. Les départs se succèdent pour visiter les points chauds de la planète, « hotspots », qui nous disent où inventorier et agir pour préserver la biodiversité. Un enjeu pour le devenir de l’humanité.
« La planète revisitée », le départ de « La Boudeuse », l’exploration de « Tara » et bien d’autres. La liste s’allonge au fil d’une actualité qui fait résonner en nous l’esprit d’épopées enthousiastes du passé. « Le grand retour des expéditions naturalistes » fait la une de la presse. Des navires au long-cours échelonnent leur départ vers des contrées lointaines et, aussi surprenant que cela paraisse, encore inexplorées : Océan indien, Madagascar, Mozambique, grands fonds sous-marins... Ces grands voyages ou grandes expéditions modernes ont une seule vocation « scientifique ». Le qualificatif « naturaliste » est aussi utilisé, tout à la fois pour nous référer au passé afin d’évoquer une continuité et centrer notre attention sur la nature de l’objet d’étude présent : le recensement de la biodiversité. Le nombre d’espèces répertoriées est estimé aujourd’hui à 1,8 millions. La seule nouveauté « c’est que nous sommes la première génération de scientifiques à avoir pris conscience qu’il y a entre 10, 20 ou 30 millions d’espèces à inventorier. Il faudrait en découvrir entre 500 et 1000 par an pour achever l’inventaire. Ce n’est pas une durée de temps compatible avec les problèmes de développement durable, les problèmes d’extinction. Il reste environ 80% de la biodiversité à inventorier, mais il y en aura un quart sinon la moitié qui aura disparu d’ici la fin du siècle ».  Le temps est donc compté. Le travail d’inventaire été réorienté à la fin des années 80. « Une révolution » s’est produite dans le domaine de la biologie de conservation. À l’origine, la question d’un chercheur, Norman Myers : « Dans quel endroit du monde un dollar dépensé a-t-il le plus d’effet pour ralentir l’extinction actuelle ? ». A cette question, les travaux de synthèse du scientifique aboutiront à la formulation de la théorie des « hotspots » de biodiversité. Des cartes ont depuis été réalisées par de grandes ONG, Conservation internationale et WWF. Elles nous disent que « la biodiversité est répartie de façon très hétérogène à la surface de la planète et qu’il existe un certain nombre d’endroits où on trouve une richesse en espèces particulières et plus menacées qu’ailleurs » traduit Olivier Pascal de l’ONG Pro Natura International. Ainsi les expéditions actuelles ont-elles pour objectif de « revisiter ces endroits mal connus pour en faire l’inventaire, et remettre les sunlights sur cette biodiversité négligée qui constitue 80 à 90% des êtres vivants sur la planète et qui font surtout fonctionner ses écosystèmes correctement ».



BIOETHIQUE

 


Les députés entament le toilettage des lois de bioéthique
09.02.2011
L'Assemblée nationale est revenue mardi, en commission, sur la mesure permettant le transfert d'embryon post-mortem adoptée précédemment, contre l'avis du gouvernement, dans le cadre du projet de loi de révision des lois bioéthiques. L'ouverture des débats au Palais Bourbon a coïncidé avec l'annonce par René Frydman de la naissance d'un "bébé du double espoir" - ou "bébé-médicament", le premier en France. Une réussite médicale qui a ravivé la polémique sur "l'instrumentalisation" de l'être humain. M. Bertrand a par ailleurs rappelé l'opposition du gouvernement à la levée de l'anonymat pour les donneurs de gamètes et au transfert d'embryons congelés chez une femme après le décès du père. La levée de l'anonymat pour les donneurs de gamètes avait été inscrite dans le texte présenté en Conseil des ministres par Roselyne Bachelot, qui a précédé M. Bertrand au ministère de la Santé. Elle a été rejetée en commission.


La bioéthique à la française fait de la résistance
08.02.2011
Anonymat des donneurs de sperme, homoparentalité, mères porteuses : malgré les vagues dans l'opinion, la révision des lois de bioéthique devrait aplanir toute velléité de changement sur ces sujets montrant, selon des experts, combien la France reste ancrée dans ses principes. "On est en France dans une culture un peu hypocrite, selon laquelle il faudrait discuter longtemps pour que des points de vue adverses finissent par se réconcilier sur un dénominateur commun, alors qu'en réalité c'est impossible", affirme le sociologue Bertrand Pulman (Université Paris XIII), auteur de "Mille et une façons de faire des enfants" (Calmann Lévy).. "Le résultat c'est qu'on aboutit à un immobilisme quasi-total". "Il y a des gens qui resteront insatisfaits, mais je trouve que c'est vraiment à l'honneur d'une démocratie d'avoir un débat de cette nature et surtout un débat argumenté", estime en revanche Emmanuel Hirsch, professeur d'éthique médicale (faculté de médecine Paris-sud), auteur d'un "Traité de bioéthique" en trois volumes (Erès). "La traduction manifeste du décalage considérable de la France par rapport à d'autres pays est le tourisme procréatif, qu'on ferait mieux d'appeler +l'exil reproductif+", poursuit-il, évoquant des couples qui ont recours à l'étranger à des procédés interdits en France. Par exemple la gestation pour autrui. Pointant une compétition internationale de la recherche, Emmanuel Hirsch s'interroge : "est-ce qu'une bioéthique à la française résistera encore longtemps aux coups de boutoirs d'une non-bioéthique dans d'autres pays ?"


Bioéthique: le "bébé-médicament" suscite l'espoir mais ravive les polémiques
08.02.2011
La naissance en France d'un "bébé du double espoir" - ou "bébé-médicament" - a ravivé la polémique entre chercheurs, qui mettent en avant l'espoir que représente cette première pour les couples en souffrance, et certains milieux catholiques, qui crient à "l'instrumentalisation" de l'être humain. Tout en saluant le "prodige" de cette naissance, le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France s'est déclaré "tout à fait opposé" à la conception de "bébés-médicaments".
Même dénonciation d'"instrumentalisation de la personne", de la part de Christine Boutin, présidente du Parti chrétien-démocrate (PCD). "On a franchi un pas excessivement grave. Avec un tel +progrès+, l'homme devient un objet de consommation et un matériau", a-t-elle lancé. "L'Eglise a toujours eu beaucoup d'inquiétudes à mon avis mal placées depuis la contraception, le préservatif", a répondu le professeur Frydman. "Il s'agit d'un couple qui veut un enfant, qui a déjà été terriblement marqué par le destin et c'est la seule solution que nous avons à leur offrir d'agrandir leur famille et d'avoir le bonheur", a-t-il expliqué. "Le désir d'enfant des parents est bien sûr au premier plan", a renchéri le Dr Julie Stéphann, bras du Pr Arnold Munnich (Necker) qui a contribué à cette naissance. "La soeur ainée, d'à peine 3 ans, va pouvoir bénéficier d'une greffe de moelle avec le sang de cordon ombilical", selon le Dr Nelly Achour-Frydman. Elle pourra éviter les transfusions mensuelles nécessaires à sa survie et les complications.Réclamant que "l'on quitte la suspicion" qui entoure cette discipline de l'assistance médicale à la procréation, le Pr Frydman a déploré aussi "le maquis de précautions sur le plan législatif" qui contribue au retard français dans ce domaine. Car au-delà de cette naissance pour l'instant exceptionnelle, le diagnostic préimplantatoire (DPI), après fécondation in vitro sert simplement à détecter des maladies extrêmement graves afin de permettre aux parents d'espérer un bébé qui en soit indemne.

L'Assemblée adopte le projet de loi révisant les lois de bioéthique
15.02.2011
L'Assemblée a adopté mardi en première lecture le projet de loi révisant les lois de bioéthique qui maintient le statu quo sur l'anonymat des donneurs de gamètes et l'interdiction de la recherche sur l'embryon sauf dérogations, mais autorise le transfert d'embryon post-mortem. Outre le maintien du régime de la recherche sur l'embryon, le projet de loi autorise le transfert de l'embryon après le décès du père, si celui-ci avait donné son accord et en présence d'un projet parental. Il ouvre également le dons de gamètes aux femmes et hommes qui n'ont pas d'enfant, et élargit le don d'organes